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Texts of americans volunteers

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Military citations:

Sanitary Section [USA]  number 2 (SSU2) received many citations, which you can find  in the original French text  and its English traduction at tge Great War Primary Document Archive site http://raven.cc.ukans.edu/~libsite/wwi-www/FriendsFrance/ffTC.htm

For exemple (in frensh):

1ère Armée
73ème Division
État-Major
.................................................Au Q. G., le 20 juillet 1915
1" Bureau

ORDRE DE LA DIVISION N° 485

Le Général Commandant la Division cite à l'ordre:

"SECTION SANITAIRE AUTOMOBILE AMÉRICAINE N° 2

"Composée de volontaires, amis de notre pays, n'a cessé de se faire remarquer par l'entrain, le courage et le zèle de tous ses membres qui, insouciants du danger, se sont employés sans répit à secourir nos blessés, dont ils se sont acquis la reconnaissance et l'amitié."

Le Général LEBOCQ
Commandant la 73ème Division
(Signé) LEBOCQ

CITATION À LA 73ème DIVISION

SALISBURY, Edward, Chef  de la Section Sanitaire Automobile Américaine N° 2: --

"A fait preuve des meilleures qualités dans la conduite de sa section: infatigable, d'une volonté ferme et résolue, il a donné l'exemple du dévouement, de la bonté et du courage."


WOUNDED SOLDIER AT MONTAUVILLE

Un blessé à Montauville --- urgent ! "
Calls the sallow-faced téléphoniste.
The night is as black as hell's black pit,
There's snow on the wind in the East.

There's snow on the wind, there's rain on the wind,
The cold's like a rat at your bones;
You crank your car till your soul eaves in,
But the engine only moans.

The night is as black as hell's black pit;
You feel your crawling way
Along the shell-gutted, gun-gashed road --
How --- only God can say.

The 120's and 75's
Are bellowing on the hill;
They're playing at bowls with big trench-mines
Down at the Devil's mill.

Christ! Do you hear that shrapnel tune
Twang through the frightened air ?
The Boches are shelling on Montauville --
They're. waiting for you up there

Un blessé --- urgent? Hold your lantern up
While I turn the damned machine!
Easy, just lift him easy now!
Why, the fellow's face is green!

'´ Oui, ça ne dure pas longtemps, tu sais."
"Here, cover him up --- he's cold!
Shove the stretcher --- it's stuck! That's it --- he's in!'
Poor chap, not twenty years old.

"' Bon-soir, messieurs --- à tout à 1'heure! "
And you feel for the hell-struck road.
It's ten miles off to the surgery,
With Death and a boy for your load.

Praise God for that rocket in the trench,
Green on the ghastly sky --
That camion was dead ahead!
Let the ravitaillement by!

"Courage, mon brave! We're almost there!"
God, how the fellow groans --
And you'd give your heart to ease the jolt
Of the ambulance over the stones.

Go on, go on, through the dreadful night --
How --- only God He knows!
But now he's still! Aye, it's terribly still
On the way a dead man goes.

"Wake up, you swine asleep! Come out!
Un blessé --- urgent --- damned bad!"
A lamp streams in on the blood-stained white
And the mud-stained blue of the lad.

"Il est mort, m'sieu!" "So the poor chap's dead?"
Just there, then, on the road
You were driving a hearse in the hell-black night,
With Death and a boy for your load.

O dump him down in that yawning shed,
A man at his head and feet;
Take off his ticket, his clothes, his kit,
And give him his winding-sheet.

It's just another poilu that's dead;
You've hauled them every day
Till your soul has ceased to wonder and weep
At war's wild, wanton play.

He died in the winter dark, alone,
In a stinking ambulance,
With God knows what upon his lips --
But on his heart was France!

EMERY POTTLE

Emery Pottle also wrote "Noël 1915 à Pont-à-mousson" (Christmas 1915 at Pont-à-Mousson).

This text is translated into french by Michèle Jacques Foster


Maître Charles François, ancien combattant du Bois-le-Prêtre et notaire à Pont-à-Mousson a beaucoup écrit sur la guerre et a   rédigé notamment un article sur les ambulanciers américains volontaires au Bois-le-Prêtre en 1915, c'est ce texte à défaut de l'original de Henry Sheahan qui est reproduit ci-dessous :
En 1915, personne ne pouvait imaginer que les Etats Unis d'Amérique puissent entrer en guerre; la doctrine de Monroe, qui entendait que les Américains  ne se mêlent jamais des affaires des autres, - doctrine quelque peu égoïste - était considérée comme un dogme. Mais de nombreux américains  nous témoignaient une chaude sympathie qui, pour certains, se traduisit par la décision de venir nous aider .

Il n'était pas question d'enrôlement collectif d'unités de combat , ce qui aurait posé de délicats problèmes au gouvernement américain, mais les universités de Yale et de Harward tournèrent les premières la difficulté en envoyant en France, au printemps de 1915, le groupe d'ambulanciers volontaires Salisbury, composé d'une vingtaine d'étudiants munis de voitures "Ford" aménagées pour le transport rapide des blessés :Les petites "Ford" du Bois-le-Prêtre.

Ce groupe fut affecté à la 73 ème division, qui combattait alors au Bois-le-Prêtre; le matériel et les locaux d'administration furent installés 53 avenue Patton actuelle, dans la villa appartenant alors à M; Adt, et qui est habitée actuellement par M; rené Davillot; les étudiants étaient logés chez l'habitant pour la plupart dans la même avenue.

Et ils sillonnèrent les routes et les chemins , passant partout , allant chercher les blessés à l'auberge Saint-Pierre , au Gros-chêne , au Père Hilarion , pour les conduire aux hôpitaux de Pont-à-Mousson, de Dieulouard et de Belleville.

Je les ai vus fréquemment aux endroits les plus exposés , ne reculant devant aucun risque; ils faisaient l'admiration de de tous les combattants qui les considéraient comme des frères de combat. D'ailleurs, en dehors de leurs missions ils circulaient dans les premières lignes, en touriste pourrait-on dire , bavardant et répandant la bonne humeur.

Les territoriaux de la maison de l'Orpheline , à l'entrée de Montauville , pointilleux sur le service , les arrêtaient régulièrement pour leur demander le mot de passe , que nos amis ne connaissaient jamais, et l'on entendait la même discussion pendant quelques minutes: "Le mot ?", "American ambulance", "C'est pas ça !" jusqu'à ce que , sur l'intervention de soldats de passage, les territoriaux leur déclarent gravement : "Eh bien, le mot c'est Massena Marengo !"

Nos soldats les aimaient bien aussi pour un motif intéressé : ils acceptaient  ce qui était interdit aux ambulances françaises, de de charger sur la route des combattants isolés; ils faisaient en somme le taxi , gratuitement bien entendu, et avaient de très nombreux clients ; on se prélassait dans les petites "Ford" hautes sur roues, qui nous emmenaient à toute allure vers quelque cantonnement accueillant.

Le courage de ces admirables volontaires leur valut, hélas, de s pertes en tués et en blessés.

Il rendirent de tels services pendant tout l'été de 1915, qu'ils furent officiellement incorporés dans l'armée française au mois d'octobre ; un officier français, le lieutenant Kuhlman, leur fut détaché  et ils furent assimilés à nos soldats; il y avait à cela une seconde raison: comme ils approchaient très près des premières lignes, on craignait  que certains ne soient fait prisonniers et considérés comme francs-tireurs, même s'ils n'avaient pas d'armes.

Le premier mort ...

Deux des volontaires de notre ambulance ont écrit leurs impressions de guerre en termes forts émouvants , dès leur retour dans leur pays en 1915.

L. Buswell, qui a séjourné à Pont-à-Mousson du 17 juin au 13 octobre 1915, aime les français "qui apprécient si bien la valeur de la sympathie et de la reconnaissance, et dont l'attitude quotidienne est la preuve de leur civilisation."

Henri B. Sheahan a été au Bois-le-Prêtre pendant plusieurs mois, puis à Verdun; il s'est intéressé  à tout, a visité questionné , commenté en tout sens; ses récits sont clairs, vivants et colorés.

Voici apr exemple , l'évocation du premier soldat qu'il voit mourir: " .... .Montauville était loin d'être sûr , c'est là que je vis tuer le premier homme; j'avais parlé à une sentinelle, un jeune de 21-22 ans, aux cheveux clairs, aux yeux gris-bleu fatigués. Il se plaignait d'un peu de jaunisse et souhaitait que cette affaire prenne fin. j'avais à peine fait dix pas qu'arrive sans prévenir un obus; en plongeant vers un mur proche , je vis la sentinelle s'affaisser dans la boue comme un paquet de vêtements. Je fus le premier auprès de lui, sa figure maussade était pleine de boue , un éclat lui avait ouvert le côté jusqu'au coeur ..."

Dans notre ville, il se promène et bavarde, et note tous les détails. " .... C'était une brave femme, courtaude, visage clair, les cheveux serrés en un petit chignon classique; elle ne craignait pas plus les obus qu'un soldat dans les tranchées. Elle ala une fois dans un verger déserté pratiquement dans les tranchées pour aller chercher des pommes pour messieurs les américains; lui demandant pourquoi elle n'allait pas en chercher dans un endroit moins dangereux, elle répondit que là elle n'avait pas à les payer, car elles appartenaient à son père.

Sa connaissance des obus était la plus exacte de  tout le voisinage et quand un éclatement faisait sauter les casseroles sur le feu, elle pouvait dire exactement d'où ça venait et quel calibre c'était; elle aurait pu être tuée à tout instant par un éclat; debout , les mains dans l'eau savonneuse en lavant une horrible vaisselle bleue et blanche, elle commentait les projectiles; deux 77 éclatèrent tout près : ce sont seulement de 77" murmura t'elle ; un effroyable sifflement et une explosion qui fit trembler la maison: "ça c'est un 210; les bandits !" cria-t-elle comme gronde un écolier dépravé.

"La nuit , sa cuisine en ordre, elle s'asseyait pour écrire la lettre quotidienne à son fils soldat ..."

Sheahan explore la ville: ".. . La rue Fabvier s'allongeait jusqu'à un groupe de maisons au-delà duquel on voyait la côte grise du Bois-le-Prêtre d'où s'élevait par moments de bouffées de fumées noire s ou verdâtre; cette rue Fabvier avait un aspect des plus mélancoliques, aucune maison épargnée par les obus, des traces d'éclats dans les murs , des vitres en miettes. Je la descendis, passais devant la fameuse vierge  miraculeuse de Pont-à-Mousson; cette statue dépourvue de toute expression de figure, de 30 à 50 centimètres, suscitait néanmoins l'émotion par ses deux bras étendus vers le bas dans un geste d'accueil et d'acceptation.

Un obus avait laissé des traces tout autour , mais la petite niche n'avait pas été touchée. Le bruit sourd de mes godillots résonnait dans le silence. Le voici à l'église Saint-Laurent:  U n crépuscule mélancolique tombait et les rues s'emplissaient d'ombres violettes; les obus avaient brisé presque tous les vitraux de l'église Saint-Laurent et les fragments rouges et jaunes qui restaient faisaient penser à des feuilles d'automne qui subsistent parfois aux branches en hiver. L'église était propre et garnie; une vingtaine de cierges  brûlaient en vaçillant au pied de la vierge, pas une âme , un silence terrible tombait dans l'obscurité croissante. Dans un panier, au pied de la Mère  bienveillante, il y avait une vingtaine de photographies de soldats, quelques unes encadrées, d'autres de simples cartes postales. Des mains pieuses les avaient laissées aux soins de la Mère malheureuse, Marie consolatrice des affligés."

La fontaine place Duroc: La chambre de commerce franco-américaine de Paris tint à commémorer le souvenir de ces splendides volontaires en érigeant en leur honneur, un monument à Pont-à-Moussson.

Ce fut M. Bosworth, l'éminent architecte, mort en juillet 1965, qui fut chargé de l'exécution  et, en accord  avec la municipalité, il reconstruisit en forme un peu élancée , la très belle fontaine renaissance qui avait orné la place Duroc jusque sous le Second Empire.

J'ai pu, à cette époque, m'entretenir plusieurs fois avec M. Boswordth , homme d'une haute intelligence et ouvert à tout ce qui était grand et beau.

L'inauguration de la nouvelle fontaine eut lieu en grande solemnité le 27 septembre 1931, sous la présidence du général Dubail, grand chancelier de la Légion d'Honneur, et en présence d'éminentes personnalités américaines et françaises.

Ainsi fut glorifié le geste des jeunes étudiants américains qui sont venus, sans ostentation et sans ambition, exposer leurs vies pour la grande cause de la liberté.

Charles Francois

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