Les armements et les techniques de combat |
Les postes spéciaux découte téléphonique (Page 2) (Retour Page 1)
Au début de 1915, les commandants de compagnie et de bataillon en première ligne disposent chacun dun téléphone, installé et entretenu par des spécialistes.
Le 2 mars de la même année, le lieutenant Delavie est nommé officier téléphoniste du 210e dInfanterie sur le front dApremont près de Saint-Mihiel. Au cours de son travail, des téléphonistes lui signalent la présence de communications parasites et même laudition de mots étrangers sur les appareils des tranchées. Le lieutenant a alors lidée den tirer parti pour surprendre les communications allemandes.
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Le Lieutenant Delavie et ses monteurs |
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Le Lt Delavie et son poste d'écoute |
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Bien que lon nait pas compris immédiatement lorigine du phénomène (les longs fils du téléphone rayonnent comme des antennes émettrices), Delavie met au point des lignes de captage déployées le plus près possible de lennemi pour recueillir les signaux qui sont ensuite acheminés à un poste dans le bois Brûlé pour être écoutés.
Ce système donne rapidement des résultats surprenants :
Le soir du 13 mai nous avons surpris quun régiment et un bataillon allaient attaquer ; nous avons surpris le point de rassemblement ; lartillerie avertie les a pris sous son feu ; nos régiments qui allaient au repos ont été ramenées en seconde ligne et lorsque lattaque sest produite, ils ont été accueillis comme il faut.
Devant un tel succès le système devient réglementaire avant la fin du mois à la 1re Armée. Des postes analogues à celui du bois Brûlé, dits postes spéciaux, sont installés secrètement à Seicheprey, Flirey, Limey (déplacé par la suite à Remenauville), Regniéville et au bois le Prêtre ; leurs antennes sont déployées le plus près possible des tranchées allemandes y compris dans les rameaux de mines. La majorité du personnel qui les met en uvre est constituée de traducteurs en liaison étroite avec un officier de première ligne qui assure lexploitation immédiate des informations recueillies.
Ces informations sont de nature très diverses : annonces dexplosions de mines ou de tirs dartillerie, heures des relèves, identification des unités tenant les tranchées, etc. Une conséquence inattendue de lécoute est la popularisation du nom et des coordonnées des ouvrages allemands : il suffit de bombarder un point précis puis dattendre le compte-rendu téléphonique de lennemi pour les connaître. Lécoute donne aussi un moyen de vérification des déclarations des prisonniers grâce aux nombreux détails quelle fournit sur la vie quotidienne dans les tranchées ennemies.
Les Allemands découvrent lexistence des postes spéciaux moins dun an après leur invention et en développent dans leurs tranchées. Néanmoins le captage des signaux téléphoniques sera utilisé jusquà la fin de la guerre. La technique en sera perfectionnée au fur et à mesure des progrès visant à diminuer le rayonnement parasite des lignes.
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| Spécial de Mortmare, dessin de lintérieur du poste spécial de Flirey dans les premières lignes. |
Article de Régis Tessier