RETOUR.gif (1070 octets) Les chants au Bois Le Prêtre

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Chansons de la Grande Guerre à Pont-à-Mousson
1 Au Bois le Prêtre de Lucien BOYER 1915
2 Im Priesterwald ! Ulbert Schou, 4 Kp., Landw. Brig., Erf. Bat. 25, Rgt. 1.
3 Montauville (Extrait du N° 20 du journal LE MOUCHOIR)
4 Le Bois le Prêtre de Paul COLON dit "Paulus" du  47ème Territorial
5 Dans les  tranchées  de PAULUS
La marche du Bois Le Prêtre

 

1 Au Bois le Prêtre de Lucien BOYER air d"Au Bois de Boulogne (Ar. Bruant)
I  Je vais chanter le bois fameux,

Où, chaque soir, dans l'air brumeux,

Rode le Boche vénimeux

A l'œil de traître :

Où nos poilu au cœur altier

Contre ce bandit de métier,

Se sont battus sans lacher pied :

Le Bois- le-Prêtre !

II  On est terré comme un renard,

On est tiré comme un canard,

Si l'on sort, gare au traquenard

Où l'on s'empêtre .....

Dès que l'on quitte son bourbier

On reçoit un linguot d'acier,

Car l'on est chasseur et gibier

Au Bois- le-Prêtre !

III Tous les arbres y sont hachés,

Et des Bavarois desséchés,

Là-haut, sont encore accrochés

Sur un vieux hêtre.

Ils y sont pour longtemps, dit-on,

Car, même le vautour glouton

Vous a le dégoût du Teuton,

Au Bois- le-Prêtre !

IV Là-bas, le fauve, c'est le pou.

Ce que l'on se gratte, c'est fou!...

D'abord , on lutte avec la pou_

Dre de pyrètre.

Puis aux "totos" on s'aguerrit,

Et l'on conclut avec esprit:

Plus on a de poux, plus on rit,

Au Bois- le-Prêtre !

V  On est sale ,on est dégoutant,

On a tout de l'orang-outang,

On rit de ressembbler pourtant

A cet ancêtre !

Dans la boue on vit et l'on dort,

Oui, mais se plaindre, on aurait tort:

La boue ! Elle a des reflets d'or

Au Bois- le-Prêtre !

VI  Si, du canon bravant l'écho,

Le soleil y risque un bécot,

On peut voir le coquelicot

Partout renaître ....

Car, dans un geste de semeur,

Dieu, pour chaque Poilu qui meurt,

Jette des légions d'honneur

Au Bois- le-Prêtre !

VII Après la guerre nous irons

Et nous nous agenouillerons,

Sur chaque croix nous écrirons

En grosses lettres :

"Ci-git un gars plein d'avenir,

Qui sans un mot, sans un soupir,

Pour la France est tombé martyr

Au Bois- le-Prêtre ! "

Informations:

Ces paroles sont tirées de "Chansons de guerre aux Editions Berger Levrault

Le couplet VI est facultatif

Une version moderne a été enregistrée en 1993 avec douze autres titres sur un disque compact  "La Grande guerre en chansons" à l'initiative de l' Historial de la Grande guerre (Somme), cependant ce disque est épuisé.

 

2

Im Priesterwald ! Ulbert Schou, 4 Kp., Landw. Brig., Erf. Bat. 25, Rgt. 1.

Im Priesterwald !

Durch den Dreck bis an die knie, geh’n wir durch die Felder,

Ungenwaschen wie das wild, zieh’n wir durch die wälder,

Den Tournister schwer bepakt, wir wie Efel tragen,

Sehen dabei aus wie die Zigeuner ohne Wagen,

Links den Spaten, rechts ‘s Bewehr, so geh’s täglich weiter,

Heute Militärsoldat, morgen Erdarbeiter.

Sind wir wieder ‘mal zu Haus, rufen froh wir aus :

:, :Das war im Priesterwald ‘ne Patcherei,

Wer da nicht Stecken blieb, hatt’ Blück dabei,

Oft waren wir durchnäst und wen ‘s fror,

Was noch trocken blieb war der Humor. 

Und in so ’nen Unterstand, da ist’s gar nicht übel,

Wie die Hreing’ liegen wir,mit Rock und stiebel,

Uns’re Liebste neben uns, die ist schart geladen,

Wenn der Franzmnnn kommen will, geht er fort mit Schaden.

Schnarrchen tun wir um die Wett’ und dannbeim Erwachen,

Darf man in dfem Pulverdamps, ja kein Licht anmachen,

Sind wir z’ Haus im Felderbett, sing’n wir im Duett :

Das war im Priesterwald ‘ne Pennerei,

So manche kleine Laus war auch dabei.

Wie haben wir geschimpst auf den Franzos’,

Wir werden hossentlich die Biester los.

Wollten Mittags wir einmal, g’rad an unser’n Braten,

Schickten die Franzosen uns, als Dessert Granaten,

Uber uns’re Artill’rie, läst sich’s nicht verdriesen,

Ist im Stand’ den armen Kerls, auch was vorzuschiesen.

Treffen wir per Zufall hier, die Hern Engeländer.

Streichen ihnen wir den Tag, rot an im Kalender.

Sind zu kaufe wir beim Bier, singen lustig wir :

Das war im Priesterwald. ‘ne Knallerei,

Das grose Schützenfeld ist nun vorbei.

Flos auch auf uns’rer Seite sehr viel Blut,

Ein Deutscher Kriegersmann hat frohen Mut .;, ;

Ulbert Schou, 4 Kp., Landw. Brig., Erf. Bat. 25, Rgt. 1.

A.BEHA, METZ

Dans la saleté jusqu'aux genoux, on va à travers champs

Sales comme des sauvages , on traverse les bois

Avec notre paquetage, chargés comme des mulets

Comme des bohémiens sans voiture,

A gauche la pioche, à droite le fusil, ainsi vont les jours

Aujourd'hui soldat, demain terrassier.

Serons nous un jour à nouveau chez nous, qu'on demandait

C'était Bois-Le-Prêtre, un sacré bourbier

Et celui qui n'y restait pas avait bien de la chance

Souvent trempés jusqu'à l'os et quand il gelait

ce qui restait sec, c'était l'humour,

Et dans cette situation, c'était déjà pas mal

Sérrés comme des harengs, avec manteau et bottes

Notre chéri à côté bien chargé

Siles français viennent, ils repartiront avec des dégâts

On fait le pari de ronfler mais au réveil

Pas le droit d'allumer la lumière dans cette poudrière

Quand on est à la maison dans le lit de plumes

Alors on peut chanter en duo

C'était au Bois-Le-Prêtre , une sacrée chambrée

Il y avait quelques poux en prime

Ce que l'on a pu pester après les français

on espère être bientôt débarassé de ces bestioles.

Si par hasard on veut aller à la soupe,

C'est là qu'ils nous envoient des grenades au dessert

Mais pour notre artillerie, on se laisssera pas impressionner

Elle est aussi capable d'abattre un pauvre gars.

Si par hasard on rencontre ces messieurs les anglais

On leur marquera ce jour en rouge sur le calendrier.

s'il y ade la bière à acheter, alors on chante joyeusement

C'était au Bois-Le-Prêtre , une sacrée mitraille,

Mais la grande bataille est passée

Même si beau coup de notre sang fut versé

Un combattant allemand garde toujours le moral

Ulber Shou

Merci à D. DEPOUX et M. AYMÉ  pour la traduction

 

3 Montauville (Extrait du N° 20 du journal de tranchées "LE MOUCHOIR")
I  Sur Montauville qu'on m'permette

Cette petite chansonnette

Ce fut si longtemps

Notre cantonnement

Qu'on a tous chipé l'accent;

En descendant des trancheilles

ah ! Les bonnes tasses de cafeille !

Oui, nème don ! c't'hiver

Quon s'est tous offert

Dans la rue de la Misère !

Ils étaient contents, ma foi,

D'boire un jus, les hommes-là !

Maurice Geugnot

Air de "Si tu veux faire mon bonheur Marguerite ..."

REFRAIN

Tous en coeur, chantons gaîment

Montauville !

Montauville !

Tous en coeur, chantons gaîment

Montauville !

Et ses braves gens.

II De Montauville, je m'rappelle

Un lavoir où toutes les belles

Courageuses, n'est-ce pas ?

Mêm' par de grands froids

Lavaient le linge des soldats;

"La Henriette et la Lucie !

La Germaine et la Marie !"

Des poilus nombreux

Devinrent amoureux

C'fut un rendez-vous fameux !

Mais v'là qu'un obus un jour

Brisa le lavoir d'amour !

III  La boisson est un peu chère,

Que voulez-vous c'est la guerre !

Faudra remplacer les carreaux cassés

Réparer les toits percés

T'es songeur sur tes misères ?

De vaincre l' Allemand "espère" !

Contre tes chagrins

Vive le bon vin !

Car dans chaqu'verre, t'en "Perrin"

Je viens d'boire, mais "Gircourt" mon q'vieux

Et t'invite , viens, si tu l'veux ..."

A Montauville, c'est pratique

Pas besoin d'faire vingt boutiques

Pour nos provisions

Dans une mêm'maison

On trouv'  tout à profusion

Saucissons ou cigarettes

Camemberts ou allumettes

Journaux, chocolat

Bougies, pâté d'foie ...

Où çà ? Au bureau d'tabac !

De shrapnells, les Boches souvent

Comm' prime arrosent les clients !

Bons grand-pères et bonnes grand'mères

Bientôt finira la guerre

Vous r'verrez heureux

Rev'nir le p'tit fieu

Qui, là-bas, f'sait le coup d'feu

Montauville pour ta vaillance

T'admirent les soldats de France

Si à l'unisson

Tous nous te chantons

C'est que vraiment nous t'aimons

De toi quand nous s'rons d'retour

Nous nous souviendrons toujours !

 

4 Le Bois le Prêtre de Paul COLON dit "Paulus" du  47ème Territorial le 28/05/1915
I er couplet

Pont-à-Mousson, brave Cité Lorraine

Avait un bois renommé de partout,

Qui fut souvent pour les Mussipontaines

Et les garçons un charmant rendez-vous

On l'appelait "Le joli bois le Prêtre"

Quand cette guerre vint amener cherz nous

L'empereur allemand qui crût être le maître

Le mis sens dessus d'sous

Air "la valse brune"

Refrain

Et sa cannonade éventra nos promenades

Mais ses obus, ses grenades,

Ne nous faisaient pas peur

C'était pour la France,

C'était pour la délivrance,

Que nous avions l'spérance

D'être les vainqueurs

 

II ème couplet

Le chef du 369 ème

Dit à celui du Cinquième Bataillon

"vous êtes ici pour la lutte suprême,

"Il vous faut prendre le Père Hi larion"

"C'est entendu! Gonflez vos cartouchières !

" A moi les gars! Dit-il à ses poilus

Je compte sur vous , faut pas faire de manières

Mort aux casques pointus ! ....

REFRAIN

Et l'Artillerie, le Génie, l'Infanterie

Dans ses tranchées bien blotties

Prêtes à s'élancer

La pipe à la bouche

Nos territoriaux farouches

Devaient porter des cartouches

Aux troupes engagées.

III ème couplet

Les 75 d'une voix mélodieuse

Dans le concert assuraient le plein chant

Accompagnés par nos p'tites mitrailleuses

Nos crapouillots suivaient le mouvement

A chaque obus de leur tranchée, les bôches

Comme des fous fuyaient épouvantés

Mais nos Lebels fauchaient tous ces alboches

Dans le fond des fossés.

REFRAIN

Quelle marmelade ! C'est une vraie salade !

Les bôches criaient : "Kamarades !"

Les mains jointes, à genoux.

"Chargez à la baïonnette !

La fontaine, prix de la fête

Etait bien à nous.

 

IV ème couplet

Pont-à-Mousson, , malgré toutes ta  misère

Malgré tes deuils et malgré tes tourments

Sous les obus, tu restes calme et fière

Et ton devoir tu le fais simplement

Au jour prochain, jour de la délivrance.

au jour béni et qui ne peut tarder

Tu recevras le salut de la France

Tu l'as bien mérité

REFRAIN

L'Aigle germanique

Plumons -le à coups de trique

De l'empereur et de sa clique

Et de tous ses bandits

Supprimons la race

Et qu'il n'en reste plus trace

"Allons alliés ! point de grâce

Purgeons le pays.

 

 

5 Dans les tranchées de Paul COLON dit "Paulus" du  47ème Territorial
I Il y a près de Pont-à-Mousson,

Un bois qui cache sous ses buissons

Des tombes qui vous donnent le frisson,

Fraîchement creusées,

Ceux des prussiens ,des bavarois,

Qui sont venus de Metz ou de Norroy

Ils sot venus se faire tuer pour leur roi,

Dans les tranchées.

II Je vous présente une bande de poilus;

Des gros, des petits, tous résolus

Et de tous les pays venus

Sous la feuillée.

Des perruquiers, des ingénieurs,

Des serruriers, des confiseurs,

Tout le monde travaille la peau en sueur,

Creusent une tranchée.

III On s'en fait pas, je vous en réponds;

Les plus timides, les plus capons

Manient la pioche comme un harpon,

La ch'mise mouillée.

Et, devant les boches stupéfaits,

Le travail terminé, bien fait,

Chacun se couche, satisfait,

Dans les tranchées.

IV On dort debout, ou à peu près;

Pour se coucher ya rien d'fait:

On vous demande pas si ça vous plait,

Faut la boucler.

On tue la bougie sans un mot;

Chacun pense à son marmot,

A sa femme, à son dodo,

Dans les tranchées.

V On trouve dans nos appartements,

Un bout de glace cassée récemment

Une poële à frire et des pansements,

Une cheminée.

Une lessiveuse chacun sait ça,

Qui nous sert à faire le rata.

Et des cartouches , un bon gros tas,

Dans les tranchées.

VI Des fois les boches sont pas contents

De nous voir trop près subitement;

Ils nous envoient des percutants,

Des sales draagées;

Ca tombe comme d'un arrosoir,

Des shrapnells et même des gros noirs;

Faut rester , du matin au soir,

Dans les tranchées.

VII Le propriétaire de ce bois

Sur ma parole pourrait, ma foi !

Faire afficher au bon endroit:

Villa à louer,

Et faire venir Monsieur Cochon,

Ses petites voitures à baluchon;

Lui dire : prends comme habitation

Dans les tranchées.

"Dans les tranchées"

Chanson patriotique

par PAULUS sur 

l'air d' "Au Bois de Boulogne"

 

6

   La marche du Bois Le Prêtre  Refrain -  Sur l'air de  "Musique qui passe"

I Quand nous arrivons à l'auberge Saint-Pierre     

Ce n'est pas afin de nous désaltérer

Il est tard et les fusées boches nous éclairent

et sur nous les marmites se mettent à tomber

Dans les boyaux

Nous allons sac au dos

Tombant dans les tas d'boue

Les rondins et les trous.

En avant ! Les enfants,

C'est l'"Calvaire" assurément.

Dans les tranchées

Nous allons sans flancher

Car c'est ici le Bois Le Prêtre 

Arbres coupés qui vous dressez vengeurs

Vous êtes des boches la terreur

Le feuillage vert

qui frissonne dans l'air

C'est l'espérance qui vient de naître

Bientôt le jour

Viendra ou pour toujours

ils partirons vaincus

A grand coups d'pied dans l'dos.

2 - Sur la gauche il est un jardin solitaire

Renfermant quelques petits arbres fruitiers

Quand on veut ramasser des prunes par terre

C'est des pruneaux qu'on déguste dans le "Verger"

Ca fait d'l'effet

En allant devant Fey

Vous dîtes que pour l'engrais

Il faut que Fey en ait

Mais si l'herbe est mouillée

Je vous r'commande la feuillée !

3 - Le Gros Chêne, mais c'est l'endroit qui vous désigne

Où les boches un jour ont bouffé tous ses glands

Puis plus loin on voit dresser le Col de Cygne

C'est le lieu préféré des jeunes amants.

Ce cou si blanc

Au galbe passionnant

Leur fait dire le matin

Qu'est-ce qui veut un rondin ?

Ils préférent, je parie, 

Les p'tites marmites de Paris !

4 - Nous avons de nombreuses boîtes de conserves

Le pinard est rare comme le Saint-Emilion

Il est vrai que nous avons l'Quart-En-Réserve 

Et la flotte c'en est plein au "Père- Hilarion"

L'matin dans "Nirts"

On nous donne le Kirsch

Dans l'France-Boche" versons

Des grenadines-citrons

Mais toujours très prudents

Nous ne dormons pas en ..... pétant !

5 - Un saillant constamment tenu dans l'alarme

Que les Boches regrettent de ne plus avoir

C'est ce qu'on peut appeler "La Croix des Carmes"

Ils pleurent et n'ont même pas le "Mouchoir"

Les Hauts-de-Rieupt

Un endroit délicieux

Et tout prés des Saxons

Nous avons le Beau....Xon

Nous aimons mieux revoir

Pont-à-Mousson et Dieulouard.

 

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