Santé : SOINS AUX GAZéS A DiEULOUARD |
|
Un médecin parmi d'autres, le Docteur Paul VOIVENEL |
Dr Voivenel au Bois de la Selouze (Lacroix sur Meuse) |
|
Après
avoir combattu notamment dans les Hauts de Meuse près de Maizey, puis à
Verdun, le Docteur Paul
Voivenel vient à la fin de l'année 1916 dans la zone du Bois le Prêtre.
Son ambulance est installée à Dieulouard. Passionné
de neuro-psychiatrie et de rugby, il sera l'auteur d'une cinquantaine
d'ouvrages dont "la guerre des gaz" où il raconte l'expérience
qu'il a vécu en avril 1917 lors d'une attaque aux gaz au Bois le Prêtre. Un musée lui est consacré à Capoulet-Jurac dans l'Ariège. |
|
|
Soins
aux blessés du Bois le Prêtre après une attaque aux gaz "Le
1er octobre 1916 nous étions à Dieulouard sur la vallée de la Moselle.
Nous devions y vivre neuf mois. L'ambulance
était logée au « Domaine des Moines »…..
Les régiments occupaient le Bois Le Prêtre, tranquille à cette
époque. …Notre clientèle ne nous donnait pas beaucoup de travail, car
nous ne fonctionnions pas au point de vue chirurgical. Les
blessés étaient évacués à Belleville où opéraient les frères
Marnsby.… Le
samedi de Pâques (1917) s'achevait. La nuit était douce et
belle. Pas un bruit, aux lignes du Bois Le Prêtre. L'esprit
s'envolait vers les siens.
A trois heures du matin, le médecin divisionnaire BUOT,
revenant
des positions, surgissait, nous faisait lever et, la
voix émue: "Il
vient d'y avoir une attaque par les gaz,... une vague,...
c'est très sérieux... Faites de la place,... évacuez
tous vos
malades
sur I'H. O. T. de Champigneulles... Tout
le matériel
automobile du C. A. sera
mis
en mouvement:...
Vous n'allez pas tarder à recevoir les premiers intoxiqués"
…déjà
dans la, cour les voitures envoyées par le corps d'armée bourdonnaient.
Nous empilons nos malades. Aucun ne se plaint... Nous
avions, libre en cas d'imprévu, une salle de trente lits aux
poêles toujours amorcés. Une équipe dressée devait, sous la direction
d'un médecin, à la première alerte de gaz, s'y occuper à préparer les
bouillottes, les ballons d'oxygène, les pansements et instruments pour
les saignées. Le reste du personnel, infirmiers, tringlots, s'affairait
à l'évacuation des malades. Un aide-major, ait bureau
des entrées, signait les billets d'hôpital des sortants
qu'on conduisait par groupes dans un local voisin d'où on les
embarquait... La
vague avait été émise vers onze heures et demie quand les hommes
reposaient. La surprise avait été complète… Le
médecin divisionnaire repartit vers les lignes. « Les deux autres ambulances, la 11 (du C. A.) et la 5, ont été alertées avant vous. Elles ont reçu les premiers malades à Manonville et à Griscourt ; mais la partie droite du secteur doit affluer chez vous. >> Une voiture surgit. « Quatre intoxiqués couchés. » Nous
retirons les brancards. Trois cadavres. …L'intoxiqué vivant, crispé au
brancard, bleui par l'asphyxie,
râle. Et d'autres
voitures se succèdent d'où nos
infirmiers enlèvent des agonisants. …Nos
derniers évacués, ahuris, se jettent dans les camions qui doivent les
conduire à l'H. O. E…. Déjà
les médecins avec leurs équipes s'activent dans les
salles où ronflent les poêles. Les brancardiers ont leurs
consignes
et, sous la direction d'un sous-officier, distribuent
les malades….. Les salles de notre ambulance se garnirent vite.…. Dans chaque salle un infirmier administrait l'ipéca. …Mais, sur notre impression générale, notre gestionnaire envoyait chercher quarante cercueils. Quelle lutte !… Toute
la journée et la nuit les autos sanitaires nous apportèrent de nouveaux
intoxiqués… L'impression
demeurait désastreuse sur le pronostic de nos malheureux suffoqués. Les
quarante cercueils demandés arrivaient par dizaine. Nous
avions trois salles de malades très graves, deux au rez-de-chaussée, une
au premier étage. Les hommes légèrement ou moyennement touchés avaient
été réunis dans des locaux spéciaux sous la surveillance d'un seul médecins
qui ordonnait l'ipéca, auscultait, et recommandait le repos absolu, puis
venait aider ses camarades dans le traitement des moribonds…. …Les
autos sanitaires nous portaient toujours des suffoqués.….Nos locaux étaient
pleins à craquer. Sur la route de Griscourt, nous avions ouvert une
succursale de l'ambulance dans une très vaste construction servant d'école
libre. Nos malades légers y avaient été logés. .." HOE = Hôpital d'évacuation HOT = Hôpital temporaire ? C
A = Corps d'armée Extrait
très raccourci de "La guerre des gaz" ouvrage des Docteurs
Paul VOIVENEL et Paul MARTIN (les .... marquent les coupures) Si vous souhaitez le texte entier, demandez le à jmpicquart@wanadoo.fr |
|
|
La photo ci-contre pourrait être prise à Dieulouard et probablement à la maison des moines" (remarquer les fenêtres à petits carreaux qu'on trouve effectivement dans cet immeuble et l'infirmier, prisonniers allemand ) |
Obsèques dans la cour de la Maison des Moines à Dieulouard. Si ce bâtiment vous intéresse, voir la page sur Sarah Bernhard |
|
|
|
Toutes informations et images sur les services de santé en 54 et 55 sont bienvenues. jmpicquart@wanadoo.fr