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Sénateur Émile Reymond

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Récit de la mort du docteur Émile Reymond, selon l'article de presse paru dans les ANNALES du 5 mars 1916 (Les mots en italique sont des ajouts)

 ...Il partait de Nancy (le 21 octobre 1914) à deux heure un quart, (avec comme pilote) l'adjudant (d'infanterie Alfred) Clamadieu , (sur un avion Blériot biplace) pour faire une reconnaissance (sur Chambley, Mars la Tour, Thiaucourt) Il passait (vers 16H) au dessus du bois de Mortmare, occupé par les allemands, à la lisière duquel se profilaient les tranchées françaises et ennemies,  distantes de 200 mètres les unes des autres, lorsque l'adjudant G. qui volait au-dessus de lui , vit l'appareil de Reymond  accomplir deux spirales, puis descendre pour atterrir normalement. 

Sur le terrain à Nancy avec des officiers 

 

 X  Émile Reymond à l'escadrille Bl 9

 

Aussitôt l'ennemi se rue hors de ses abris et tire sur l'avion, les nôtres s'élancent à leur tour et presque à bout portant fusillent les agresseurs.

 Un combat sanglant s'engage, tandis que l'autre avion français, avec l'adjudant G.? , et son observateur le lieutenant F.? (il pourrait s'agir en fait de l'Ajt Quennehen et du SLt Fetter venus selon Jacques Mortane observer les résultat de l'attaque de Mortmare) s'efforce de détourner sur lui les coups de l'ennemi.   Dès les premières balles, l'adjudant est tué, et Reymond, blessé, fit le mort pendant quatre heures , puis à la faveur de la nuit, malgré sa blessure, malgré son age, il se dégagea de l'appareil et, en rampant, gagna nos lignes, d'où il fut (emmené à Limey, puis) immédiatement transporté à l'hôpital de Toul. 

 

L'illustration ci-dessus est extraite du journal anglais "The War Illustrated" du 2 janvier 1915. On y voit une charge des troupes françaises pour éviter la capture du Dr Reymond 

Ci-dessus à droite sa dernière photo parue dans l'Excelsior du 21 /02/1915Reymond2.gif (19538 octets)

Émile Reymond aux commandes de son avion.

Selon le Guide Michelin de 1920 "le Saillant de Saint-Mihiel", le corps de l'adjudant Clamadieu fut récupéré par les soldats français et le sénateur Reymond put avant de mourir le 22, faire un compte rendu précis de sa mission.

Extrait de sa citation: ".... A exécuté avec une grande bravoure de nombreuses reconnaissances aériennes des plus audacieuses. S'est chargé le 21 octobre, d'une reconnaissance des plus périlleuse, qu'il n'a pu accomplir avec fruit qu'en descendant au-dessous de nuages très bas, exposé au feu très violent d'infanterie et d'artillerie. A fait preuve, en cette circonstance, d'un véritable héroïsme".

Émile Reymond était sénateur de la Loire et chirurgien des hôpitaux. Dès le début des hostilités, il s'engage comme pilote aviateur, préférant être en première ligne plutôt qu'à l'ambulance en tant que chirurgien.
Le Président Raymond Poincaré dans son livre "Au service de la France" Tome V fait allusion à cet épisode à la date du 23 octobre et précise que MM. Briand et Sarrault sont allés voir le sénateur Reymond à l'hôpital de Toul.

Ci-contre les obsèques du sénateur Reymond

et de l'adjudant Clamadieu

 

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Cimetière de Toul (Choloy ?) où le Docteur Reymond et l'adjudant Clamadieu ont été inhumés. Noter les fosses préparées à l'avance, au premier plan.

Le corps d'Alfred Clamadieu repose toujours à Choloy (tombe 753)

 

Cette photo parue dans "Je sais tout" aurait été prise le jour de l'enterrement.
Version du général Dubail extraits de "Journal de Campagne T1 p 194-198"l:
22 octobre. On me rend compte d'un malheureux accident survenu hier au sénateur Raymond, médecin major de 1ère classe de réserve, aviateur audacieux et d'une bravoure à toute épreuve, qui m'avait déjà rendu les plus grands services. Hier, vers 15 h 30, on a vu son avion descendre en rasant les arbres de Mortmare, entre les deux lignes de combat adverses.

Les allemands étaient aussitôt sortis du bois pour se jeter sur les aviateurs, mais nous avions ouvert le feu et fait reculer l'ennemi. Peu après,  on avait pu, grâce à l'obscurité, s'approcher de l'avion et recueillir le mécanicien et le docteur Reymond. Le premier, le adjudant du génie Clamadieu, était mort; le docteur Reymond vivait encore avec une balle dans les reins. pendant la nuit il était évacué sur Toul. Son premier soin avait été malgré ses souffrances, de donner le compte rendu  de sa reconnaissance (nombreux trains en marche de Pagny-sur-Moselle vers Metz et, sur la route, convois de 4 kilomètres de longueur dans la même direction).

Je demande par télégramme la croix de chevalier pour ces deux braves: fasse le ciel que le docteur Reymond nous soit conservé! [...]

A 9 heures, j'ai la satisfaction d'attacher la croix de la légion d'honneur sur la poitrine du docteur Reymond. Je lui donne l'accolade sur son lit d'hôpital. Il soufre beaucoup , mais il a gardé toute sa connaissance. Il est hélas ! bien touché; j'ai peine à le reconnaître tellement il a changé en quelques heures [...]On me téléphone de Toul, un instant après  (16 heures), la mort du sénateur Reymond.  j'en suis tout ému et je déplore la perte que font  en lui l'aviation et l'armée. Ce sont les plus braves qui disparaissent. En rentrant à Toul, où je quitte les membres du gouvernement (Briand et Sarraul en visite à Gironville), j'envoie le capitaine Dussauge à Noviant-aux-près déposer la croix de la Légion d'honneur sur le corps de l'adjudant Clamadieu l'héroïque pilote du Docteur Reymond.

23 octobre. En rentrant ce soir, je songe que la malheureuse famille de l'adjudant Clamadieu va se trouver sans ressources , la pension d'un sous-officier n'étant pas réversible sur sa veuve et je le nomme sous-lieutenant à la date de la veille de sa mort, lui donnant ainsi le grade qu'il aurait obtenu dans quelques jours s'il avait vécu. Le trésor me pardonnera cette irrégularité, qui n'est que l'acquittement d'une dette de la Patrie.

AVIATION SANITAIRE: Le journal "Lecture pour Tous" dans un article paru le 1er août 1918, sur l'aviation sanitaire, rappelait le rôle qu'avait joué le Dr Raymond qui avait tenté de démontrer l'utilité de l'avion pour repérer mais aussi évacuer les blessés sur le front. Les autorités militaires ne furent pas convaincus par cette expérience qui sera pourtant reprise en 1918 par un autre parlementaire le Dr Chassaing, médecin major, député du Puy de Dôme.
Autres aviateurs abattus à Mortmare:
Le 30 juillet 1916, l'aviateur Téo-Schmouker et de son équipier le capitaine Paul Pierard sont abattus au bois de Mortmare. Ces deux hommes sont enterrés par les allemands à Euvezin. Téo-Schmouker repose désormais au cimetière militaire de Flirey tombe F1871.

Recherchons  le "Carnet de route" du Dr Reymond paru notamment dans le Figaro des 12 et 13 janvier 1916

Bibliographie

 
 Émile Reymond 1865-1914 Imprimerie Brassart 1920
 A tire d'ailes au secours des blessés /  L'aviation Sanitaire  "Lecture pour Tous" 1er août 1918
A travers les filets de l'ennemi de Jacques Mortane Éditions Baudinière

Sur le site du Sénat  http://www.senat.fr/evenement/archives/D16/reymond1.html nombreuses précisions sur le Dr Reymond

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