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Artisanat sur le front de Lorraine .

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L'abandon de la guerre de mouvement pour celle des tranchées entraîne automatiquement une grande inactivité des soldats peu habitués à cela s'agissant majoritairement de ruraux habitués à travailler rudement. 

Très tôt les soldats  développent diverses "industries" dans les tranchées notamment à partir de la matière première gratuite fournie par la récupération de fragments de munitions.

Les poilus fabriquent des bagues, des briquets, des encriers ... Ils sculptent des cannes, martèlent des douilles d'obus pour en faire des vases décoratifs. 

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A droite, photo extraite du Guide illustré Michelin de 1920 " le Saillant de Saint-Mihiel" légendée :

 "Les Éparges en 1915. Pendant une période calme, une fabrique de bagues s'est installée à l'entrée d'un abri."

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A gauche, photo parue dans "Le Miroir" du 9/01/1916.

"La boutique d'un fabricant de bijoux  en aluminium à Ville en Woëvre".

Notez la publicité "Bijouterie garantie de véritable titre boche".

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La même boutique fréquentée par des officiers du 366ème RI. A droite le lieutenant colonel Ordioni, commandant le 366 RI, à gauche le lieutenant Besse de la C.H.R. 

Photo Oberlaender

Fragment d'une correspondance rédigée sur une carte postale de 1915 représentant EIX (Meuse).  Léon Fuel s'adresse à son épouse restée au pays à Montgé en Goële, non loin de Meaux (Seine-et-Marne).

.. après une bague. Ce qu'il y a d'embêtant c'est que l'on manque de petites limes. Si tu allais à Meaux, achètes m'en une ou deux, tu me l'enverrai par la poste, une un peu ronde, et l'autre plate mais toute petite, cela me faciliterait beaucoup. Et puis ça me passe le temps...
... Je voudrais bien envoyer la bague à Clémentine, mais dans une lettre, j'ai peur qu'elle soit perdue.


Ce texte est une sympathique contribution de Jean-Claude PONCET 

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Pour l'amour de la musique les poilus se montrent ingénieux et fabriquent divers instruments avec les moyens du bord (Boîtes de conserve, bidon ...)

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A droite soldats jouant d'un instrument à base de bouteilles près de Lesménil 54.

Claude Riboulot dans son beau livre "La musique au fusil" des éditions du Rouergue donne deux exemples lorrains d'instruments bricolés, un violon et un banjo fabriqués respectivement à Moivrons 54  et au Bois d'Ailly 55.

Au dos d'une carte postale des ruines de Seicheprey  on trouve le texte suivant: " ...(Je) suis bien content de savoir que la petite croix t'a fait bien plaisir. le cuivre doit se ternir rapidement, mais comme il n'y a que des surfaces à peu près planes, en la frottant avec un peu de tripoli et un chiffon de flanelle , tu la feras briller. je n'ai pas encore reçu la grosseur de ton petit doigt. J'ai un cylindre d'aluminium avec lequel je veux te faire une nouvelle bague. Comme il pourrait se faire que l'intérieur de ce cylindre soit un petit peu grand pour ton petit doigt , donne moi aussi la grosseur de ton annulaire. Cela t'ira sûrement à l'annulaire si elle ne peut aller à ton petit doigt. Je me mettrai au travail, un petit peu chaque jour pou pouvoir l'emporter quand j'irai en permission..."

Un coupe-papier marqué "Bois le Prêtre"

Voir aussi les journaux de tranchée

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Si vous  connaissez  d'autres documents sur l'artisanat de tranchée  en Lorraine, merci de les signaler à jmpicquart@wanadoo.fr . Recherchons aussi photos d'objets fabriqués en Lorraine. 

 

Recherchons aussi des photos d'objets (cannes, briquets) fabriqués dans ce secteur pour compléter cette page.

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